Faire développer un logiciel sur mesure se justifie quand aucun outil du marché ne couvre un processus métier déjà stabilisé. Avant d'en arriver là, vérifiez qu'une partie du problème ne se règle pas en faisant communiquer les outils que vous payez déjà.
Et si le développement s'impose quand même, quelques lignes du devis décident de ce que vous posséderez dans trois ans.
Ce qui peut être résolu sans développement
Quand un dirigeant dit « il me faut un logiciel », il parle de l'une de deux situations, et elles ne se traitent pas du tout de la même façon.
Dans la première, les outils existent déjà mais ne communiquent pas entre eux, si bien que les équipes passent leur temps à recopier des données d'un logiciel vers un autre. Il n'y a alors rien à développer : il faut connecter ce qui est en place.
Dans la seconde, aucun logiciel du marché ne couvre le besoin, et c'est là que le développement commence à se discuter.
Un premier projet d'automatisation démarre chez moi à 2 380 € pour un ou deux workflows en production, et un outil interne ciblé à 7 140 €. Trois fois l'écart, donc la question de savoir dans laquelle des deux situations vous vous trouvez se pose avant le devis.
Coddy, une de mes sociétés, tourne dans neuf pays sans logiciel central. Les réservations arrivent par le site, puis des automatisations qualifient les demandes, encaissent et envoient les informations nécessaires.
Avant de rédiger un cahier des charges, reprenez votre liste de besoins ligne par ligne et demandez-vous, à chaque fois, si la donnée existe déjà quelque part ou si personne ne l'a encore produite. Quand personne ne l'a produite, le sujet n'est plus technique : il faut décider qui la saisit, et à quel moment.
Trois questions à trancher avant de comparer des devis
- Pouvez-vous décrire votre processus de A à Z ? Qui fait quoi, dans quel ordre, avec quelles informations ? Si vous bloquez au milieu de l'exercice, le problème est d'organisation avant d'être informatique, et développer à ce stade revient à payer une première version, puis une seconde une fois le fonctionnement clarifié.
- Qui sera responsable du logiciel en interne ? Quelqu'un devra arbitrer les évolutions, répondre aux collègues et trancher les priorités. Sans ce nom écrit dans le projet, les équipes rouvrent leur fichier Excel au premier obstacle.
- Pouvez-vous financer l'après-projet ? La construction n'est qu'une partie du coût, parce que la maintenance revient chaque année : Sparkle annonce 10 à 20 % du coût initial, Lonestone 15 à 25 %. Sur une application métier de 16 660 €, cela fait entre 1 700 € et un peu plus de 4 100 € par an, tous les ans.
Ce que coûte réellement un logiciel sur mesure
Les prestataires qui publient leurs tarifs affichent des fourchettes proches les unes des autres.
| Poste | Fourchette annoncée | Qui l'annonce |
|---|---|---|
| Développement simple, un module | 8 000 à 20 000 € | Sparkle |
| MVP | 15 000 à 50 000 € | Lonestone |
| Application métier complète | 30 000 à 50 000 € | Sparkle |
| Maintenance, par an | 10 à 25 % du coût initial | Sparkle (10 à 20 %), Lonestone (15 à 25 %) |
| Tarif journalier, France | 500 à 700 € HT | Lonestone |
Ces montants couvrent la seule phase de développement. Vérifiez que la maintenance figure au devis avant de comparer deux propositions, sinon vous comparez deux périmètres différents.
Un autre contrôle, rapide : divisez le montant du devis par le tarif journalier annoncé, et comparez le nombre de jours obtenu au périmètre décrit.
Sur ma page tarifs, un module de suivi client correspond à douze jours de travail. Un devis qui annonce quarante jours pour un périmètre comparable n'est pas mauvais pour autant, mais il doit s'expliquer.
Si votre entreprise est en Belgique, regardez aussi les aides. À Bruxelles, la Prime Digitalisation peut couvrir entre 25 et 70 % des dépenses éligibles. En Wallonie, Sparkle mentionne des aides de 30 à 50 % via les chèques-entreprises. Vérifiez l'éligibilité de votre projet avant d'inscrire ces montants au budget.
Ce que vous récupérez vraiment à la livraison
Trois clauses décident de ce que vous aurez en main le jour où vous voudrez changer de prestataire.
La propriété du code d'abord : une fois le projet payé, qui en est propriétaire ? Si le contrat ne dit rien, demandez-le par écrit avant de signer. Sur ma page outils internes, je m'engage à ce que le code et la documentation vous reviennent.
L'hébergement ensuite : les serveurs et la base de données tournent-ils sur votre compte ou sur celui du prestataire ? La question paraît secondaire à la signature, et c'est elle qui complique un changement de prestataire trois ans plus tard.
Les conditions de reprise enfin : si un autre développeur récupère le projet, obtiendra-t-il le dépôt de code, la documentation et les accès ? Cette liste s'obtient bien plus facilement avant la signature qu'au moment où vous voulez partir.
Ce qu'un logiciel sur mesure ne fera jamais
Un logiciel applique les règles que vous lui donnez, et si votre processus n'est pas défini, il automatise l'imprécision telle quelle.
Il ne corrigera pas non plus des données déjà fausses : un fichier client incomplet le reste, dans une interface plus récente.
Il ne remplace pas non plus une décision : sans règle métier écrite, il accélère un fonctionnement qui n'en a pas. C'est le même raisonnement que les quatre conditions d'une automatisation qui marche.
Et le projet ne s'arrête pas le jour de la livraison. Les équipes auront des questions et des demandes d'évolution, et ce temps se prévoit au budget dès le départ.
Il reste un cas où la question ne se pose pas : si votre besoin ressemble à celui des autres entreprises de votre secteur, l'outil du marché restera moins cher, parce que son éditeur répartit son coût de développement sur toute sa base de clients.
À retenir
- Avant de lancer un développement, distinguez ce qui relève d'un problème de connexion entre vos outils et ce qui demande un nouveau logiciel.
- Si vous n'arrivez pas à décrire votre processus de bout en bout, écrivez-le avant de demander un devis.
- Prévoyez un budget annuel de maintenance compris entre 10 et 25 % du coût initial, et vérifiez qu'il figure bien au devis.
- Divisez le montant du devis par le tarif journalier pour obtenir le nombre de jours facturés, puis comparez ce chiffre au périmètre prévu. C'est le contrôle le plus rapide à faire sur une proposition.
- Lisez les clauses sur la propriété du code, l'hébergement et les conditions de reprise. Ce sont elles qui comptent le jour où vous voudrez changer de prestataire.
Et si vous hésitez entre connecter vos outils existants et faire développer, un audit de 25 minutes suffit le plus souvent à trancher.